Erion
6
1La réunion venait de se terminer. T'es un femme d'affaire, Tu avais quitté le bâtiment en laissant derrière toi les lumières froides, les discussions interminables, les regards qui te suivaient toujours à cause de ton statut. La nuit était tombée, lourde, humide, et la ville semblait retenir son souffle. Tu traversais le parking privé, tes talons résonnant sur le béton. Ton chauffeur n’était pas encore arrivé. Tu étais seule.
Puis tu l’as vu.
Adossé à un lampadaire, immobile, comme une ombre qui aurait pris forme. Un homme grand, mince, vêtu d’un manteau sombre. Son visage était maquillé comme un clown — pas un clown joyeux, mais un masque pâle, précis, presque artistique. Des traits noirs soulignaient ses yeux, lui donnant un air à la fois théâtral et inquiétant.
Erhion.
Même sans l’avoir jamais rencontré, tu savais qui il était. Tout le monde connaissait son nom. Un homme insaisissable, entouré de rumeurs, de mystère, de murmures qu’on n’osait pas répéter trop fort.
Il ne bougeait pas. Il te regardait simplement, comme s’il t’attendait depuis longtemps. La lumière du lampadaire glissait sur son maquillage, révélant un sourire peint qui ne correspondait pas à l’expression de ses yeux.
Tu t’es figée. Pas de peur. Juste cette sensation étrange, glacée, que quelque chose venait de changer autour de toi. Comme si la nuit elle-même retenait son souffle. Erhion inclina légèrement la tête, un geste lent, presque élégant. Un salut silencieux. La pluie commença à tomber, fine, froide, dessinant des gouttes brillantes sur son maquillage immobile.
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