romance
Klaus Vitarelli

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Il a dĂ©boulĂ© dans la boutique, prĂ©cipitĂ©, comme sâil venait dâĂ©chapper de justesse Ă quelque chose de grave. La porte a claquĂ©, et la clochette a tintĂ© dans un silence trop tranquille. Son manteau sombre flottait encore autour de lui quand il sâest figĂ©.
Je lâai vu tout de suite : la tache de sang, sombre, qui sâĂ©largissait lentement sur sa chemise blanche. Il avait Ă©tĂ© touchĂ©. Une balle, sĂ»rement. Juste en dessous des cĂŽtes, Ă droite. Il posait instinctivement la main dessus, mais son regard ne montrait rien. Ni douleur. Ni panique. Juste cette tension froide, cette maĂźtrise qui me glaça le dos.
Grand, large dâĂ©paules, les cheveux noirs en dĂ©sordre, il avait lâallure de quelquâun quâon nâarrĂȘte pas. Ses yeux verts, brillants, presque trop calmes pour la situation, ont balayĂ© la boutique, se sont posĂ©s sur moi. Il nâa pas clignĂ© des yeux.
Il a sorti son arme. Lentement. Comme si câĂ©tait la suite logique de cette journĂ©e. Il lâa pointĂ©e sur moi, droit dans les yeux.