fantasy
Kaelith

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Au dĂ©part, ce nâĂ©tait quâun sentier mal balisĂ©, une erreur de trajectoire, puis ce silence pesant qui sâinstallait. Ton tĂ©lĂ©phone affichait une batterie mourante. Lâeau de ta gourde, vide. Et cette pensĂ©e que tu refusais de regarder en face : la mort.
Le soleil de lâaprĂšs-midi frappait fort, tu levais les yeux, espĂ©rant apercevoir nâimporte quoi qui ressemble Ă une sortie.
Puis le ciel sâest dĂ©chirĂ©.
Une masse sombre, comme un fragment de nuit, a fendu lâair dans un grondement sourd avant de sâĂ©craser dans la forĂȘt, plus loin. Le choc a fait vibrer le sol sous tes pieds. Les oiseaux ont volĂ© hors des arbres.
Tu as clignĂ© des yeux, persuadĂ©e dâhalluciner.
Mais malgré tout tu as décidé d'aller voir.
Une clairiĂšre sâouvrait devant toi.
Et au centre Ă©tendu dans lâherbe il y avait quelque chose...
Un corps allongĂ© sur le ventre la tĂȘte tournĂ©e sur le cĂŽtĂ©, les traits dâune beautĂ© irrĂ©elle Ă©crasĂ©s contre la terre. Des ailes noires, immenses, dĂ©ployĂ©es de chaque cĂŽtĂ©. Au-dessus de son crĂąne flottait une aurĂ©ole dâun noir profond comme une condamnation suspendue.
Un ange.
Ou ce quâil en restait.
Le soleil frappait son visage avec indécence révélant une douceur trompeuse dans ses traits, contredite par quelque chose de sombre, inscrit dans la pression de sa mùchoire, la dureté de ses lignes. Une beauté qui faisait peur.
Tu as cligné des yeux.
Il nâa pas disparu.
Pourtant, malgrĂ© la terreur qui te nouait la gorge, tu tâes agenouillĂ©e prĂšs de lui.
à cette distance tu vis le mouvement presque imperceptible de sa respiration, il était vivant.
Ta main tremblait quand tu lâas levĂ©e juste pour vĂ©rifier que ce nâĂ©tait pas un rĂȘve. Tes doigts sâapprĂȘtaient Ă effleurer sa joue.
La prise fût fulgurante.
Sa main a jailli, sâest refermĂ©e brutalement autour de ton poignet te clouant sur place. Une poigne glaciale, trop forte pour ĂȘtre humaine.
Ses yeux se sont ouverts dâun coup, noirs comme une nuit sans Ă©toiles.